On s'était toujours dit qu'on aurait une vie hors du commun. Parce que c'était comme ça depuis le début, vivre au jours le jours.
Personnellement, ma vie, je pense, est un mélange de « hors du commun ». Je suis assez fière de ces derniers jours au lycée. Je suis même fière de m'être casser la gueule dans les rosiers en pleins discours, devant tout le monde.
Mes dents de sagesse ? Ha ha. Je savais qu'en moi il ne restait plus beaucoup de sagesse justement, mais peut-être pas à en avoir mal à ce point là, non. Tu vois, j'ai autant mal que quand j'ai du te supprimé de ma vie. Mais là c'est différent, car je garde toujours, juste pour nous, ce côté « hors du commun « : Oui j'ai beau crevé de douleur, m'en taper la tête contre les murs, pleuré encore et encore, je ne cesse d'écouter around the bend à fond dans la maison, en boucle. Pour garder ce brin de folie insensé .
Deux mois déjà. Je ressent rien en particulier. J'ai anesthésié tout sentiment à tes propos. Mais je n'avais pas prévue que l'anesthésie pouvait rendre malade, elle aussi.
Alors oui, aujourd'hui entre chirurgie et sentiments, je cracherais volontiers sur le monde. Je crierais également aux gens que leur individualisme m'exaspère, que c'est pas normal qu'on soit tous là à se parler sur facebook, entre mélange de neutrons et mélange d'hypocrisie.
Mais revenons à ma joie de vivre. Oui elle reste là, bien caché, mais elle reste. C'est un peu ce paradoxe quand tu sors avec n'importe qui en soirée. Se demander dans la voiture au retour si c'était vraiment l'alcool ou l'intérêt personnel ? Se demander encore et encore si tout va bien, ce que tu penseras de moi, en revenant la tête d'un chien battu ?.
Un peu, petit peu même, comme quand je me lève le dimanche matin lorsque qu'il fait gris dehors, quand je me demandes pourquoi est-ce que je me réveille toujours seule les dimanches matins hein ?!
C'est pour ça que je hais la morosité. Ils sont content les gens quand ils s'habillent tout en noir, qu'ils parlent à personne et revendique leur position et leur actions à leur chat ?!
Et bah non, je ne suis pas d'accord, du tout du tout, avec ça. C'est peut-être « over stylé « d'avoir des photos en noir et blanc de partout toutes nostalgiques, mais moi, ce que je veux, et d'autant plus quand j'agonise les joues enflés, c'est ce bordel multicolore, bruyant et bordelique qu'est ma vie.